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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Affaire 250 millions de FCFA des fournisseurs : M. Dondra se rétracte et valide la décision de l’ACCT……


Finalement, selon des informations généralement dignes de foi en notre possession et émanant des sources très proches de ce dossier, ce qui devait arriver arriva effectivement. Ce que les lanceurs d’alerte et les combattants de la liberté et de la démocratie avaient annoncé et pressenti et sur lequel ils avaient alerté l’opinion nationale et internationale. Des actes de tripatouillage éhontés de la liste des fournisseurs dûment établie par le Bureau Exécutif de l’Association dénommée «  Collectif des Petites et Moyennes Entreprises de Centrafrique »,  et devant être prise en compte dans la répartition de l’enveloppe de 250 millions de FCFA mise à leur disposition, à leur demande dûment soumise à l’appréciation de l’ordonnateur principal des dépenses de l’Etat et suite à plusieurs entretiens avec son directeur de cabinet.

Une liste qui aurait été savamment triturée par l’agent central comptable et technique et ses plus proches collaborateurs du trésor public, et validée par M. Henri Marie Dondra, ci – devant ministre des finances et du budget, qui aurait entretemps par l’entremise de M.  Guy Samuel Nganatoua, son directeur de cabinet, demandé que  rien n’y fût extrait et que rien n’y fût ajouté, en aval. Un terrible rétropédalage, donc ?   Mais, comment en sommes – nous arrivés là ?

Accablés sous le poids des dettes dues à leurs banques et autres différents partenaires, les fournisseurs de l’Etat, c’est – à – dire des administrateurs – gérant de petites et moyennes entreprises, qui contribuent un tant soit peu à la création de l’emploi et de la richesse nationale, en s’acquittant annuellement de leurs impositions fiscalo douanières, et en versant leurs cotisations à la CNSS en contrepartie de réalisation de diverses prestations fournies à l’Etat, dans le domaine des fournitures de bureau, des bâtiments et des travaux publics, ont cru, après la promulgation de la loi de finances 2017, le moment venu de solliciter près le ministre des finances et du budget le paiement d’une partie de leurs créances nettes et exigibles sur le trésor public. Pour contourner très subtilement l’inertie du directeur général du budget, du directeur général des marchés publics, du directeur du contrôle financier et du directeur de la dette, assistés de leurs collègues de la douane et des impôts, dans la mise en œuvre annuelle du mécanisme normal du mode de règlement des ces créances qui est la compensation.  Comme le faisait si bien un certain Dénis Wangao – Kizimalé, en invitant toutes ces petites et moyennes entreprises et les grandes entreprises à un échange franc et sincère, autour d’une table, sur leur santé financière, l’état de leur situation fiscalo douanière vis – à – vis de l’Etat, celle de leurs créances et in fine appliquer la méthode du croisement des dettes afin d’alléger leur portefeuille et booster leurs activités pour l’exercice. Soit !

Ceci étant dit, en réponse à cette demande et suite à des instructions du premier ministre, le grand argentier de la République n’a pas hésité un seul instant à prendre la courageuse et louable décision de leur affecter la somme de 250 millions de FCFA, il y a deux semaines déjà. C’est ainsi que pour se prémunir des actes de tripatouillage éhontés dont auraient fait l’objet leurs listes de la part des différents responsables du trésor public, lors des derniers paiements, ceux – ci ont décidé de ne plus se laisser faire, et ont dressé et remis non pas au directeur général de la comptabilité publique et du trésor mais plutôt au directeur de cabinet à charge de la transmettre à qui de droit, une liste de leurs membres, devant être impérativement prise en compte dans la répartition de cette manne financière.

Mais, c’était mal connaitre l’agent central comptable technique, de nationalité béninoise et en charge, sur financement de l’UE, de la mission de réforme de la direction de la centralisation comptable du trésor, et ses plus proches collaborateurs dont la plupart seraient en réalité de chefs d’entreprises, en flagrante violation du code de la déontologie professionnelle interdisant formellement aux cadres et agents du département des finances d’exercer des activités lucratives. Des entreprises connues de tous et du Collectif des Petites et Moyennes Entreprises, et dont la gestion serait confiée à des petits cousins, des maîtresses et des oncles. Pourquoi alors accepter de prendre en considération la liste préalablement dressée comme bible de répartition ? Ne serait – ce pas là faire le con, alors que l’opportunité est là présente pour en profiter puisqu’ils ne peuvent aller négocier l’obtention de cette fameuse enveloppe, se payer aussi par l’entremise de leurs pseudo – gérants et s’en sortir avec les mains et les poches pleines de billets de banque ? Par cette technique, n’avaient – ils pas réussi à épargner, à une époque relativement récente, la rondelette somme de 400 millions de FCFA  sur une cagnotte de 600 millions de FCFA destinée au paiement des arriérés dus à ces fournisseurs de l’Etat ? Pourquoi ne pas rééditer cet exploit ?

Quant à l’agent central comptable technique qui a déjà lamentablement échoué dans sa mission de mise à jour des états financiers du trésor, un patent échec qui est amplement justifié par la publication de l’avis à manifestation d’intérêt aux fins de pouvoir à son poste, qui vous dit qu’il n’ aurait pas de beaux – frères ou de parents exerçant aussi les métiers de fournisseurs de l’Etat dans ce pays de tous les records négatifs ? N’est – ce pas là aussi une opportunité pour lui de les payer contre de très fortes commissions ou de se payer lui – même, puisque depuis qu’il a pris service, il n’a jamais négocié et obtenu un tel financement ?

Ainsi dit, ainsi fait. Une réunion aurait été tenue d’abord par les professionnels du trésor public en cours de laquelle il aurait été pris la décision de botter à la touche cette fameuse liste du Collectif des Petites et Moyennes Entreprises, en mettant sur la table la formule des omis. Une carte qui aurait le mérite de faire introduire dans le panier de l’enveloppe une nouvelle liste : celle de ces fournisseurs de l’Etat dont les créances n’ont pas été prises en compte lors du dernier paiement, il y a aujourd’hui plus de six (6) mois. De quels omis, devrait – on maintenant parler ? N’était – il pas resté à l’époque une bagatelle de 70 millions de FCFA dans la caisse ? A quoi alors cette enveloppe avait – elle effectivement servi ? Pourquoi n’avait – elle pas été utilisée pour régulariser la situation de ceux – là qui n’étaient pas satisfaits ? Cette décision qui n’était qu’une proposition serait ensuite validée plus tard par l’agent central comptable technique, lors d’une autre réunion avec ses plus proches collaborateurs.

 En réalité, la formule ou la carte des omis ne serait que l’expression des basses et puantes manœuvres dans le but de laisser libre cours ou mains libres à l’agent central comptable et technique et à ses plus proches collaborateurs dans la gestion de cette enveloppe de 250 millions de FCFA. Une position sur laquelle ils auraient catégoriquement refusé de revenir, malgré la descente de M. Guy Samuel Nganatoua, ci – devant directeur de cabinet du ministre des finances et du budget au trésor public, les instruisant de ne tenir compte que de la liste du Collectif. Un véritable coup d’épée dans l’eau ou plus exactement des gouttes d’eau sur les plumes d’un canard !

 Du coup, ceux qui ont pris de leur temps, de leurs énergies et de leur responsabilité pour mener cette démarche et arracher au forceps cette enveloppe et tous les fournisseurs dont les noms figuraient sur la liste du Collectif, seraient tout simplement mis de côté et ne bénéficieraient pas de cette manne financière. Des hommes et des femmes qui auraient immédiatement crié au scandale, et à un paiement discriminatoire, injuste et même monnayé des créances de l’Etat.

Aux dernières nouvelles, M. Henri Marie Dondra qui aurait entretemps donné son accord pour la solution retenue par l’agent central comptable technique et ses plus proches collaborateurs du trésor, se serait une fois de plus rétracté et leur aurait demandé de soumettre toutes les listes dressées à son ultime appréciation pour décision. Gageons qu’il entende la voix de la raison et qu’il soit fort pour ne pas tomber sous les charmes de la mafia qui s’est solidement installée dans l’âme des régies financières.

Jean – Paul Naïba

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