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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Affaire « Sarah Osprine Godwin Service » : la vérité de son père biologique


Dans le numéro 4097 du mardi 6 mars 2018, le journal Le Démocrate avait publié un article titré : «  Sarah Osprine Service : 2 ans de séquestration et torture ». Cet article relatait la terrible, pathétique et révoltante histoire d’une fillette de 9ans, séquestrée et torturée d’abord par son père biologique avant d’être transférée chez un pasteur, parce qu’ elle était accusée de sorcellerie. Alfred Service, le mis en cause en sa qualité de père géniteur sort de son silence et donne ici sa  version des faits dans une interview accordée au quotidien Le Démocrate.

LD :  M. Alfred Service, bonjour !

AS: Bonjour M. le journaliste !

LD : Dans la publication n°4097 du mardi 8 mars 2018, le journal Le Démocrate a publié un article sur votre fille. Comment avez-vous reçu la nouvelle et quelle est aujourd’hui votre impression ?

AS : D’abord ma fille s’appelle Service Godwin Osprine. J’ai l’explication de ce nom, personne ne la connait. S’agissant du contenu de cet article, ce sont des allégations à l’encontre de ma famille.

LD : Quelles est alors votre version des faits ?

AS : Je souffre depuis un an. Après la mort de sa maman, nous avons passé un moment de retraite spirituelle. Durant cette retraite spirituelle, on était en train de faire des causeries. Et dans ces causeries, je lui disais : ma fille, Dieu est fort. Ceci dans le but de la remémorer. Je lui dis quand Dieu donne un pouvoir, Il ne le tranche pas. Dans la causerie, je dis que j’ai le pouvoir de Dieu. Ma fille aussi me dit qu’elle a aussi un pouvoir. Puis, après elle a commencé à passer à l’aveu, en parlant de la mort de sa mère et qu’elle peut aussi faire autre chose. La seconde fois, elle en a parlé devant une ex- compagne qui était là. Par la suite, nous sommes allés à la brigade criminelle, parce que ce genre d’affaires se juge à la brigade des mœurs, brigade pour enfants. De là, ils ont vérifié et ils nous ont donné un traitant. On a été chez un Abbé qui a libéré l’enfant : l’enfant a vomi trois bêtes. Je l’ai vécu mais quand je dis aux autres, c’est difficile. Lorsqu’on est rentré à la maison, c’est l’enfant même qui me signale qu’ils sont venus lui redonner encore la sorcellerie. Alors en ce moment, j’isolais l’enfant. Je la mettais dans la chambre pour ne pas que ses oncles arrivent à la voir. Je ne voulais pas de contacts physiques. Après je suis reparti à la brigade criminelle puisque le dossier est encore pendant là- bas, on m’a orienté chez un autre traitant. On est parti, tous ces faits consignés et enregistrés comme preuves. L’affaire suit son cours à la brigade criminelle jusqu’à ce jour. On devait arrêter, on a émis des mandats, la maman ne s’est pas présentée.

Ma fille est partie chez un tradi- praticien où elle a encore vomi. Elle a vomi des crapauds, des lézards et des cafards. Je l’ai vu et l’ai enregistré. A la fin, le tradi – praticien nous a dit qu’il faut l’amener dans une structure de cure d’âme, chez un prêtre ou un pasteur, pour terminer la cure. Sur conseil de ma compagne, on l’a amené chez le pasteur de l’église « Vie Nouvelle ». Et pendant qu’on traitait l’affaire à la brigade criminelle, il y avait les gens de son école là – bas. Elle était à l’école Sainte Thérèse. Je ne pouvais pas la ramener pour ne pas dire que voilà ma fille a contracté la sorcellerie…..ce qui ne devait pas être bien. Je me suis alors entendu avec le pasteur pour la réinscrire. Il fallait conserver son identité parce que c’est ma fille. J’ai dû endurer cela pendant très longtemps.

Et là, elle a prié ; elle a prié, son état dégradant, je le sais et je l’ai amenée deux fois à la pédiatrie, il n’y avait miraculeusement et scientifiquement rien du tout. Tous les examens médicaux sont faits mais il n’y avait rien. Pendant qu’on posait la question à l’enfant, elle répondait qu’elle mange très bien mais le problème c’est qu’elle n’était plus dans ses anciennes activités. C’est pour cela que l’esprit use de son sang parce que l’ancienne activité était liée au sang. Tout ça, ce sont des choses très bizarres mais que d’autres qui ont traité ces genres de cas me disent que c’est ça le processus.

Durant mon absence, voilà je ne sais par quel micmac, ils sont partis chez le pasteur, c’était à l’école Four -Square la récupérer pour dire que la fille s’est échappée. Non. Elle était à l’école. Donc, elle ne s’est pas échappée. Maintenant, on l’a ramenée et on a filmé son état parce qu’elle est en train de suivre la dernière cure. On l’a ramenée chez ceux qui lui ont donné la sorcellerie. Et ils l’ont ramenée pour dire que je ne l’ai pas bien traitée. Je tiens à rappeler que c’est à cause de ça que depuis deux ans mes enfants qui étaient à l’internat au Cameroun, je les ai déplacés à Lomé pour ne pas que cette famille puisse les poursuivre et aller dormir chez eux.

Puis, voilà je suis arrivé, ils ont fait des diffamations. Je tiens aussi à rappeler que je prends soin de mes enfants. J’ai beaucoup dépensé pour cette cure. Je dépense pour l’internat de mes enfants. A Lomé, le grand – frère et la grande sœur sont à ma charge. Comment puis- je prendre soin de ceux qui ont 18 et 20 ans et ne pas m’occuper de celui qui à 10 ans ? C’est dans ce souci de la libérer de ce phénomène africain. Qu’elle aille trouver sa vie dans les meilleures conditions. Mais ceux qui lui ont donné se sont retrouvés là où elle devrait suivre sa dernière cure, la ramener encore dans cette histoire qui commence à me pousser à un éternel recommencement.

LD : Quand vous parlez de ceux qui lui ont la sorcellerie, de qui s’agit – il exactement ?

AS : Dans le document que j’ai dans la vidéo, l’enfant a parlé de sa grand – mère maternelle.

LD : Votre belle – famille déclare que quand ils ont remarqué l’absence de l’enfant, ils vous ont demandé et vous leur avez répondu que vous avez fait voyager la fille en France. Confirmez – vous ces propos ?

AS : Je n’ai pas dit ça.

LD : Dans quelles conditions, l’enfant a – t – il livré ces informations ? N’a – t – elle pas été contrainte ?

AS : Je n’ai fait aucune pression sur elle. Je vous dis que c’est un aveu de sa part. Et comme sa grand – mère l’a menacée disant qu’elle va la tuer ou la personne qui osera ôter cette sorcellerie, alors elle s’est volontairement livrée car elle ne veut plus  vivre cette vie.

LD : Que comptez – vous faire ?

AS : La justice va faire son travail. L’affaire poursuit son cours à la brigade criminelle. La justice est déjà saisie. Tout ce que je veux, c’est de reprendre mon enfant, la traiter, la libérer et préparer son avenir.

LD : Monsieur Alfred Service, je vous remercie.

AS : C’est moi qui vous remercie.

La rédaction

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