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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Affaire « Théodore Jousso et AHS-RCA » : une mafia organisée au plus sommet de l’Etat


Décidemment, l’immoralité est érigée depuis la prise de pouvoir par le mathématicien de Boy – Rabé, le 30 mars 2016, en règle et mode de gouvernance. En stricte application de ce principe, dorénavant ne sont promus à des hautes fonctions dirigeantes de l’Etat que des experts en la matière, au vu et au su de tous et même de la communauté internationale qui porte la République centrafricaine à bout de bras depuis décembre 2012.

Sans que cette dérive irréversible vers l’autocratie, la kleptocratie et la kleptomanie ne puisse émouvoir personne, ni susciter de vives réactions de la part des partis politiques, ni de celle des représentants de la nation, eux aussi englués dans des pratiques mafieuses et indignes de l’onction populaire à eux démocratiquement donnée par le peuple centrafricain, ni de la part des leaders de la société civile. Comme si tous avaient déjà fait allégeance à ce pouvoir qui ne cesse de faire couvrir, tous les jours que Dieu fait sur cette terre des hommes, la République de honte et de moqueries, les quelques rares grands commis de l’Etat qui existent encore dans ce pays.

Et pourtant, il y a quelques années, la vitalité de la démocratie était tellement forte, l’accession à des hautes fonctions publiques si sélective et leur exercice si noble  que même une majorité parlementaire, celle du MLPC, avait pris sur elle, contrainte par le principe de la redevabilité dans toute société démocratique selon lequel toute autorité publique a l’impérieuse obligation de rendre compte de sa gestion, la décision historique de démettre son propre gouvernement, dirigé à l’époque par le Pr Jean – Luc Mandaba, empêtré dans une mauvaise gestion financière ayant entraîné l’accumulation des arriérés de salaires.

Et l’on se souvient encore aujourd’hui comme si c’était hier de la courageuse décision prise par le premier ministre Gbezera – Bria, à la tête du gouvernement d’action et de la défense de la démocratie, pour demander lors d’un point de presse au président de la République, Ange Félix Patassé, de relever deux de ses hommes de main de leurs fonctions, à savoir, M. Joseph Agbo, au moment des faits ministre des mines, et Me Jean – Jacques Démafouth, conseiller spécial à la présidence de la République, aux motifs d’avoir minoré au détriment du trésor public, des pénalités imposées par le fisc sur instructions du gouvernement aux bureaux d’achat de diamants. En homme d’état, il l’a obtenu le même jour avant que le soleil ne fût couché puisqu’il avait menacé de rendre son tablier au cas où le président Patassé refuserait d’y déférer, aux fins de sauver son honneur et la noblesse de la fonction qu’il assumait.

Quelle élégance ! Une élégance au plus haut sommet de l’Etat qui avait séduit toute une promotion de jeunes fonctionnaires et grands commis de l’Etat, qui est malheureusement  plongée plusieurs années plus tard par Touadéra et ses bandes d’arrivistes notoirement incompétents et diaboliquement cupides dans la boue du déshonneur et de l’ignominie. Une bande de liquidateurs de la République qui use du pouvoir à elle confiée par le peuple dans les urnes pour s’enrichir et se protéger. Une véritable mafia qui sévit en une bande organisée et criminelle. Une association de malfaiteurs aux commandes des affaires de la cité depuis le 30 mars 2016.

Telle est la vérité mise au grand jour par la révélation de scandales financiers dans lesquels est soupçonné  le ministre des transports et de l’aviation civile, Théodore Jousso, le rétropédalage du premier ministre et le silence somme toute complice de Touadéra, lié au mis en cause par des relations d’alliance selon des sources dignes de foi. Une complicité au plus haut sommet de l’Etat qui est dénoncée par le directeur de la radio Bangui FM, dans son éditoriale du 13 septembre 2018 en ces termes :

«  Entre Simplice Mathieu Sarandji et Théodore Jousso, il y a un qui n’a plus sa place au Gouvernement.

Décidément, rien ne va plus au sein du gouvernement Sarandji. Entre le Premier ministre et son ministre des transports et de l’aviation civile, la guerre est déclarée. Au sein de cette équipe, la solidarité, pierre angulaire de l’action de tous les gouvernements qui se respectent, à voler en éclat. Et pour cause !

Début septembre, le 4 pour être plus précis, le chef du gouvernement, Simplice Mathieu Sarandji, a pris un arrêté suspendant les activités de la société Aviation Handing Services Centrafrique, prestataire de services en matière d’assistance en escale à l’aéroport international Bangui M’poko. Allant ainsi à l’encontre d’un autre arrêté signé par son ministre des transports et de l’aviation civile le 26 septembre 2017, renouvelant l’agrément de la même société.

Le problème, c’est que le Premier ministre, qui n’a pas préalablement consulté son ministre des transports, n’a pas pris toutes les dispositions pratiques (une sorte de plan b) et ne s’est pas entouré de toutes les garanties juridiques avant de signer son arrêté qui allait créer une situation invraisemblable, par exemple, acter le refus de certaines compagnies d’acheminer des passagers à Bangui. Et la première victime allait être le président Faustin Archange Touadera qui revenait de la Chine, où il a pris part au sommet Chine-Afrique. Sarandji a donc été obligé de suspendre, quelques jours plus tard, dans la précipitation, les effets de son arrêté de la discorde et de rétablir la même société dans ses droits.

En somme, une reculade en rase campagne.

Mais ce rétropédalage du Premier ministre ne suffira cependant pas à rétablir l’image dévasté d’un gouvernement qui tourne en roue libre, sans véritable chef d’orchestre. C’est, sans doute, un moment politique plus qu’un conflit de positionnement. Car il a permis de clarifier les lignes de fractures au sein de l’actuel gouvernement, entre un Premier ministre totalement dépassé qui gouverne à coup d’incantation et son ministre des transports qui est loin d’être parfait.

D’autant que le flot des pseudo-révélations sur les supposées malversations de Théodore Jousso qui ne semble jamais devoir se tarir ne trompe personne sur ses origines et les intentions des sources.

Même si personne ne dira que Théodore Jousso est au-dessus de tout reproche, on peut aisément savoir de qui provient les informations qui alimentent les manchettes des journaux de Bangui ces derniers temps. Il reste donc que, entre Simplice Mathieu Sarandji et Théodore Jousso, il y a un qui doit rendre son tablier.

Faute d’avoir mesuré en temps utile les conséquences de leurs actes et l’ampleur de cette rivalité stérile sur l’image du pays, l’un des deux doit payer le prix fort, à savoir démissionné ou être démis.

Mais pour cela, il aurait fallu avoir un président qui est son propre homme, comme dirait l’autre, et qui soit capable de trancher ».

Jean – Paul Naïba

 

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