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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Assemblée nationale : quand le mutisme total de Doubane vaut incompétence notoire et démission


Il s’appelle Charles Armel Doubane. Il assume depuis avril 2016 les nobles et hautement stratégiques fonctions du ministre des affaires étrangères. Il fait partie sans aucun doute de  l’une des promotions les plus brillantes de la faculté de droit et des sciences économiques des années 90.

 A ce titre, il se devait d’être un «  novus homo », c’est – à – dire un «  nouvel homme », sans ancêtre dans la magistrature suprême de l’Etat. En un mot,  un « Cicero » ou un Cicéron, à la tête de la diplomatie centrafricaine dont la principale mission devait indéniablement se confiner à une offensive communicationnelle, faite de propositions, de plaidoyers, d’actions, de  réactions, de contre – réactions  et de dénonciations des actes de  grand complot dont la République et le peuple centrafricain ne cessent d’être victimes, depuis l’attaque de la ville de Ndélé, le 10 décembre 2012, et le coup d’état de la Séléka, le 23 mars 2013, avec l’accession de l’égorgeur Djotodia, aux commandes des affaires de la cité.

 Malheureusement, au lieu de cette diplomatie agressive que tout le monde attendait avec ferveur, afin de briser les murailles du silence, de l’oubli,  d’isolement et d’étouffement en constante et permanente construction autour du pays de B. Boganda, le peuple a été  copieusement servi par une diplomatie de désintérêt,  de démission, de silence et même de conspiration ; car, ne dit – on pas que « qui ne dit mot consent » ?

C’est ce qui vient d’être révélé au grand public hier à l’assemblée nationale, lorsque la parole lui a été donnée par le premier ministre Sarandji, en sa qualité de ministre des affaires étrangères pour intervenir et étayer les lanternes de la représentation nationale sur certains dossiers relevant de son domaine de compétence.

Une sortie assez brève  devant les représentants de la nation qui était loin de valoir  la chandelle, non tantum de répondre à leurs inquiétudes, sed etiam de rassurer le peuple,  puisque l’homme s’est borné tout simplement, comme à son habitude, à dire qu’il a pris des contacts avec ses collègues tchadien, camerounais et soudanais et qu’il attendait  patiemment leur réaction, comme l’exigent les us et coutumes en la matière. Des réactions qui curieusement tardent à venir. Qui est con ?

Cependant et au même moment, des renforts en hommes, véhicules, armes et minutions de guerre continuent de provenir de ces trois pays et de converger vers la République, dans les zones sous contrôle des bandes armées, des seigneurs de guerre et des mercenaires en mal du territoire et de ressources. Un acte flagrant, incontesté et incontestable  de déstabilisation d’un Etat souverain dont la dénonciation par le simple recours à la parole  épargnerait bien un diplomate digne de ce nom d’observer la procédure ci – dessus évoquée et à laquelle reste étonnement vertueux et scrupuleusement  respectueux ce « Doubane », l’un des fils spirituels de Saura ou de Cabit. Un « Lambert Mende » de la RDC, en tant que ministre de la République, en lieu et sa place se serait comporté autrement et l’aurait même violée, au nom des intérêts de son  pays et pour défendre ses populations, victimes d’incessantes agressions de la part des bandes armées en provenance de ces pays frères et amis.

De facto ac de jure, le silence à ce propos de la part de M. Doubane ne peut que valoir en langage des combattants de la liberté « absence de couilles », mollesse, timidité, démission, non assistance à un peuple en danger et mieux un acte de haute trahison !

 S’agissant de sa réponse relative à l’arrestation du gabonais pris la main dans une opération de  transactions de vente de minutions d’armes de guerre, l’homme s’est tout simplement borné à informer les députés des dispositions légales en la matière et  en l’espèce et relater les contacts pris avec son collègue gabonais pour la poursuite de l’enquête. Alors que le peuple attendait de lui plus de réactivité et d’agressivité.

 Dieu n’a – t – il pas créé le monde par la parole ? Et à quoi donc doit servir à un Etat un ministre des affaires étrangères qui ne gueule pas et ne monte pas souvent au créneau  pour prendre la parole, défendre les droits de son peuple et exploser aux yeux du monde ses cris de détresse et surtout ses espérances ? A rien du tout.

Pauvre RCA !

La rédaction

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