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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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CENTRAFRIQUE : LA COOPÉRATION MILITAIRE FRANÇAISE EST-ELLE SOUMISE À CONCURRENCE PAR LES NOUVELLES AUTORITÉS ?


Au lendemain du retour à l’ordre constitutionnel et face à la recrudescence galopante de la violence, les nouvelles autorités démocratiquement élues ont engagé une offensive diplomatique tous azimuts en multipliant des partenariats en plus du traditionnel partenaire privilégié de la Centrafrique.

Devant l’enlisement des opérations militaires françaises conjugué avec l’inefficacité incomprise de la mission de l’ONU, le chef de l’état a pris ses responsabilités en vertu des principes constitutionnels de solliciter une assistance militaire russe. S’inscrivant dans la logique et la démarche centrafricaine, les autorités russes ont négocié et obtenu la levée partielle de l’embargo sur les armes qui pesait sur le pays depuis 2013. Cette résolution onusienne autorisant la levée partielle de l’embargo est assortie de livraison de matériels militaires à l’armée centrafricaine ainsi que de la formation aux maniements de ces différents équipements.

C’est une première situation inédite, inhabituelle sur le continent africain où l’armée russe côtoie l’armée française voire américaine et chinoise sur un même théâtre de combats. Ainsi, on constate un flou organisé qui règne autour de la présence de militaires russes sur le territoire national. Évidemment, les intérêts, les enjeux et les objectifs de ces différentes puissances militaires divergent d’où le climat de tension et d’étincelles en filigrane au risque d’embraser une situation sécuritaire déjà fragile et tendue. Nous craignons par la même occasion que notre nation majoritairement occupée par les groupes armés non conventionnels ne devienne un théâtre de combats pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Cette inquiétude partagée fait sursauter le citoyen lambda qui, hébété, cherche à comprendre : la coopération militaire française est-elle volontairement mise en ballottage défavorable face à l’armée russe ? Ce qui ressemble à la relégation en second plan de la coopération militaire française au profit de l’armée russe est-elle actée ? La délégation militaire russe est-elle constituée de vrais militaires ou mercenaires ? N’est-il pas trop risqué pour un pays politiquement fragile de mettre en concurrence deux puissances militaires mondiales et par dessus tout membres du conseil de sécurité de l’ONU ? La guerre de paternité ou de contrôle de nos ressources naturelles n’est-elle pas au centre de cet imbroglio ? Au regard du prétexte de livraison d’armes autorisée par le conseil de sécurité de l’ONU, les activités que mènent actuellement les militaires russes sur le terrain rentrent-elles dans les préventions et les lettres de mission de l’ONU ? La résolution de l’ONU autorisant la levée partielle de l’embargo prévoyait-elle l’intégration des militaires russes dans la sécurité du President de la république ? La venue des soldats russes en Centrafrique relevait-elle des rapports d’Etat à Etat ? Les parlementaires centrafricains étaient-ils consultés pour avis conformément aux dispositions de l’article 90 de la constitution du 30 mars 2016 ? Était-il nécessaire de réhabiliter la coopération russe après plus de quarante ans de leur expulsion manu militari de la Centrafrique par le défunt empereur ? Sommes-nous dans le processus de reconsidération de la conférence de Berlin de 1885 relative aux partages des territoires africains ? Sommes-nous dans le processus de reniement des accords particuliers quadripartites ( France-Centrafrique-Congo-Tchad ) signés à Brazzaville le 15 mars 1960, plus précisément en son article 4 qui accorde la préférence et la primauté de l’exploitation de nos matières premières et produits stratégiques à la France ? Quelles interprétations donnons-nous aux absences remarquables des ambassadeurs de France et des États Unis aux cérémonies de l’an 2 du président de la république ? La coopération militaire russe représente t-elle une aubaine pour les autorités et la population centrafricaine ?

Perdu dans cette panoplie d’interrogations, le citoyen lambda cherche à comprendre la relégation de notre partenaire privilégié et ancien colonisateur dès lors que nous dépendons d’une monnaie qui est garantie par la banque de France et surtout que nos grands investissements dépendent majoritairement des financements des pays de l’espace schengen. Il est important de rappeler que certains ont par le passé osé et ils ne sont plus de ce monde. De nos jours, on les appelle des héros nationaux, des martyrs de la nation ou simplement des panafricanistes.

Mais si le peuple tout entier est en parfaite symbiose avec le président de la république, notre nation et peut être l’Afrique toute entière connaîtra sa véritable révolution assimilable à celle de mai 1968 avec la révolte de la jeunesse étudiante qui libéra définitivement la France de l’injustice sociale.

Pour finir cette modeste analyse et en guise de contribution citoyenne, nous invitons humblement les représentants du peuple d’interpeller le ministre des affaires étrangères et son homologue de La Défense conformément aux dispositions de l’article 89 de la constitution du 30 mars 2016 pour éclairer le peuple sur le dossier russe et de lever par voie de conséquence les doutes et équivoques. Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites pas que c’est moi.

Paris le 6 avril 2018

Bernard Selemby Doudou

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