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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Décret 18.971 du 8 mars 2018 : une réconciliation en trompe – œil ?


Une réconciliation en trompe-oeil ?

Au terme du décret 18.971 du 8 mars 2018, le président Faustin Archange Touadera a entériné, en compagnie de son premier ministre, Simplice Mathieu Sarandji ainsi que du ministre de l’action humanitaire et de la réconciliation nationale, Virginie Mbaikoua, la désignation des membres du comité de pilotage du processus de mise en place de la commission vérité, justice, réparation et réconciliation.

La compétence des intéressés n’est nullement en cause. Le problème est ailleurs et pourrait bien constituer une affaire embarrassante, une de plus, pour ce régime qui nous a habitué avec ses manoeuvres dilatoires. Il a donc trait à la composition dudit comité qui ne comporte aucun membre de partis ou groupements politiques se réclamant de l’opposition à Faustin Archange Touadera.

En effet, les représentants des partis politiques au sein de ce comité de pilotage sont tous issus de la majorité présidentielle. D’ailleurs, une personnalité, si on peut le désigner comme cela, figurant parmi les membres de ce comité est notoirement connu pour ses prises de position en faveur de l’exclusion.

Nous en sommes donc dans le droit-fil de la politique de ce gouvernement marquée par l’exclusion et les manoeuvres politiciennes à la petite semaine.

Et cela est du plus mauvais effet sur l’image des institutions de la République et apporte un doute sur la volonté réelle des autorités centrafricaines d’oeuvrer véritablement pour le retour de la paix et la cohésion sociale dans le pays.

Comment peut-on sérieusement parler de réconciliation lorsqu’on en arrive à exclure ceux des concitoyens qui n’ont pas forcément les mêmes points de vue que soi ?

Les tenants du régime en place doivent cesser de penser qu’il y a eux et les autres Centrafricains. Mais plutôt avoir à l’idée qu’il n’y a que NOUS !

Nous le peuple qui souffrons chaque fois que ce régime persiste dans ses errements et des considérations qui font peu de cas de l’intérêt supérieur de la Nation.

Nous le peuple qui subissons dans notre chair les conséquence de l’exclusion, de la division et d’une politique hasardeuse qui conduit le pays, en accélérant, dans le mur.

À contrario, ils doivent avoir à l’idée que l’ensemble de la communauté nationale peut, mettant en sourdine les divergences secondaires, se retrouver autour des nécessités nationales parmi lesquelles figurent en bonne place la vérité, la justice, la réparation pour les victimes des crises et la réconciliation nationale.

Car nous avons l’obligation d’apprendre de notre histoire commune et savoir que nul ne relèvera se pays tout seul.

Plus qu’un faux pas, le choix des personnalités politiques figurant parmi les membres du comité de pilotage de la commission vérité, justice, réparation et réconciliation, montre que le régime a oublié qu’il faut un tout pour faire une Nation.

Mettre en place un comité de pilotage pour évoquer les problématiques liées à la justice et la réconciliation tout en y excluant certains responsables politiques de haut niveau relève d’une faute politique. Mais, il n’est pas trop tard pour y remédier.

Adrien Poussou

Source : L’ÉDITO DE BANGUI FM DU 16.03.18

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