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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Dossiers d’intégration : mal-gouvernance, politique de tricherie, d’exclusion, de tribalisme et de parti pris


Il s’appelle Simplice Matthieu Sarandji et assume depuis le 2 avril 2016 les nobles fonctions de premier ministre, chef du gouvernement. Il n’a pas été nommé à ce poste de troisième personnalité de la République tant par sa compétence intrinsèque, sa stature d’homme d’État investi de l’onction du peuple et sa vision pour la République que pour avoir servi et guidé son maître pendant longtemps.
 C’est donc tout naturellement , après savoir été tout d’abord son secrétaire général, alors que Touadéra était recteur à l’université de Bangui, ensuite son directeur de cabinet quand Bozizé, sur instructions d’un certain Fidèle Gouandjika, lui avait confié la gestion de la primature de 2008 à 2013, et enfin pour avoir été son directeur de campagne lors des dernières élections, qu’ il ne pouvait qu’être appelé à devenir et rester aussi longtemps que possible le locataire de la Tour Pétroca. Rester le plus longtemps possible pour assouvir les desseins personnels et catégoriels, à lui confiés par son maître, pour leur bonheur et celui de leurs parents, amis et connaissances.
C’est ainsi que dès l’entame de ses activités à la primature, l’homme a su rassurer son cher cadet Touadéra de sa réelle capacité à jouer ce rôle et à défendre les intérêts du groupe et de la famille, en usant de ses pouvoirs régaliens pour  contourner très subtilement les lois et règlements de la République et satisfaire ses désirs personnels et ceux du mathématicien de Boy- Rabé.
Première victime de cette politique de tricherie, d’exclusion et de parti pris de la part de ce premier ministre et de sa propension inouïe  à la consécration de la mal – gouvernance, comme mode de gestion de l’administration et de l’Etat, l’UNDP de Michel Amine, première force politique de la nation et fière de ses 14 députés siégeant à l’assemblée nationale, lui a rendu visite peu après la publication de la liste des membres de son gouvernement. Non tantum  pour lui exprimer de vives voix sa totale désapprobation du choix porté sur la personne d’un certain Guy Francky Leffa, certes militant du parti mais dont le nom n’a jamais figuré dans le panel de ses experts et dont la proposition à un quelconque poste ministériel n’ a ni été soutenue par le bureau politique et ni validée par son président – fondateur, sed etiam pour le mettre en garde contre cette pratique de débauchage et de Koudoufarisme qui relève purement et simplement de la tricherie et de l’exclusion dont les conséquences ont été fatales au régime du président Patassé et dont les séquelles ont servi de terreau substantiel au coup d’état de la Séléka.
En réponse, après être sérieusement emporté et accusé ses hôtes d’être les vrais instigateurs de la politique du Koudoufarisme, en mettant constamment l’accent sur les critères d’appartenance au parti, il a vainement tenté de justifier son choix portant sur la personne de M. Leffa,  par l’option des critères de géopolitique. En réalité, l’homme étant réfractaire à la notion de transparence et de la bonne gouvernance, ne pouvait pas engager des négociations avec des partis politiques de peur d’avoir dans son gouvernement des hommes plus élégants, plus compétents et capables de lui faire de l’ombrage. Il lui fallait donc, sous des dehors des critères de géopolitique dont l’application a permis aux ressortissants de la Basse – Kotto d’être plus nombreux dans le gouvernement, user de cette méthode pour avoir en face de lui des hommes de peu de culture et de valeur, maniables à satiété et manipulables à loisirs. Ce qui fut fait.
Mais, l’affaire « UNDP » qui est restée pendante jusqu’à ce jour et qui s’est même  accentuée avec la suspension illégale, c’est – à – dire en l’absence totale d’une décision, du salaire d’un de ses cadres,  n’était qu’un avant-propos. L’homme fera pire dans la gestion de nomination des préfets et sous – préfets, dans le cadre de la politique de restauration de l’autorité de l’État.
 En effet, au lieu de se fonder sur les données disponibles dans les fichiers du personnel du ministère de l’administration du territoire et de la sécurité publique et de s’appesantir sur les critères de compétence, de qualifications requises, de profils, d’impartialité, d’intégrité et du sens élevé du devoir national, M. Sarandji, afin de placer ses parents, amis et connaissances et de donner à manger aux membres de leur groupe et de leur famille, dépossèdera de la gestion de ce dossier le chef de ce département qui au moment des faits  était Jean Serge Bokassa.
A l’arrivée, l’on notera un mouvement de contestations de la part des fonctionnaires et agents de l’État de ce ministère, ressortissants de l’Enam, compétents et qualifiés, du fait de leur mise à l’écart dans les décret de nomination ou de confirmation, et de leur substitution systématique par des évangélistes, des libérateurs, des vendeurs de beignets et des hors statuts. Devant leur mécontentement, non seulement l’homme restera imperturbable et serein, mais surtout aura le courage et l’audace de demander  aux syndicalistes pourquoi ils n’avaient pas boudé lorsque les autres faisaient la même chose quand ils étaient au pouvoir et de leur dire que son temps à lui est arrivé. Sacré Sarandji !
En sus de sa profession de Maître de conférence en géographie à l’université de Bangui, l’homme vient d’être primé expert en manipulation des lois et règlements de la République, en sa faveur, pour ses intérêts personnels, ceux de Touadéra, ceux de leurs familles biologique et politique et ceux des différents membres de leurs réseaux.  Et la gestion des dossiers d’intégration, de l’éclatement des 1.500 quotas entre les différents départements ministériels et de leur affectation lui a donné une fois de plus l’opportunité de faire ses preuves dans l’art de la politique de tricherie, d’exclusion, de tribalisme et de parti pris.
C’est ainsi qu’alors que le comité chargé de l’intégration dans la fonction publique centrafricaine au titre de l’exercice budgétaire 2018, conformément aux dispositions de l’article 84 du décret d’application de la loi 99.016 du16 juillet 1999, mis en place par arrêté n°654/MFP/DIR.CAB/CPEDE du 19 mars 2018, était en train de statuer sur les dossiers, grande a été la surprise du ministre de la fonction, Me Opalagna, d’en être dépossédé par le premier ministre. Aux fins de donner satisfaction à l’omnipotent et l’omniprésent Arthur Piri, neveu du président Touadéra et ci – devant contrôleur général près les sociétés d’état et autres qui a vu ses doléances de plus de 800 dossiers d’intégration fermement rejeter par ledit comité.
Informé, Sarandji rentre dans la danse et  prend alors un autre arrêté – arrêté n°007 du 12 avril 2018, portant mise en place du comité d’organisation de l’intégration dans la fonction publique centrafricaine-, y fait siéger ses hommes de basses besognes, demande à tous les départements ministériels de lui faire acheminer tous les dossiers en leur possession, fait adopter ses propres critères et fait distribuer l’essentiel des 1.500 quotas à ses parents, amis et connaissances, non sans avoir préalablement donner une suite favorable aux doléances de son tout – puissant  ministre – conseiller.
 Une fois terminé et comme il ne lui est pas attribué le pouvoir d’apposer sa signature au bas des arrêtés d’intégration, il ne pouvait que revenir vers le ministre de la fonction, Me Opalagna, pour lui ordonner la validation de toutes ses propositions. D’où l’obligation de tenir cette conférence de presse au cours de laquelle il a tenté de justifier ce contournement de la  loi par la mise en œuvre de la volonté du président de la République, à lui donnée, de veiller scrupuleusement à la sélection des dossiers.
Qui est con ? Pourquoi alors avoir créé un autre comité au niveau de la primature ? Ne pouvait – il pas veiller à la stricte application des instructions, à lui données par Touadéra, par l’entremise de ses représentants devant siéger au sein du comité mis en place par le ministre de la fonction publique ? Pour ce faire, devrait – il aller à l’encontre de la loi, se substituant ainsi allégrement à son ministre, ignorant du coup le sacro – saint principe du respect de la hiérarchie qui fonde toute administration et tout État dignes de ce nom ? Sacré Sarandji !
Toujours égal à lui – même, l’homme vient de rentrer dans l’histoire comme l’un des farouches défenseurs de la mal – gouvernance et de la politique de tricherie, d’exclusion, de tribalisme et de parti pris.
Affaire à suivre !
Jean – Paul Naïba

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