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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Limogeage de Jean Serge Bokassa : non – évènement, manque de courage et crise d’autorité


Alors que l’on s’attendait tout naturellement à une démission, c’est par un limogeage que le sort du ministre de l’administration du territoire, de la décentralisation et du développement local, Jean Serge Bokassa  a été scellé, il y a quelques jours. Le président de la République Faustin Archange Touadéra l’a limogé par un décret signé et rendu public le 13 avril. Une humiliation volontairement consentie, pourrait – on dire.

Puisque Jean Serge Bokassa qui ne se rendait que rarement à des conseils des ministres et à des cérémonies officielles depuis près d’un an, semblait commettre volontairement des crimes qui devraient lui coûter sa tête du gouvernement. Mais dans les faits, il faut remarquer que la durée assez longue pour la prise de décision de limoger ce ministre de la République devenu fantôme dans l’équipe de Sarandji en dit assez trop sur les hésitations d’un régime perdu dans des calculs politiques à prendre la juste mesure du choc en retour. JSB étant un allié de poids indéniablement lourd, pèsera d’une manière ou d’une autre sur la balance, lorsque le moment sera venu de repartir à l’assaut démocratique du pouvoir en 2021, d’après ce qu’on entend et apprend de sa « stratégie » déjà formulée pour « rester imperturbable » dans son fief électoral.

Pour beaucoup d’observateurs, il n’y a donc pas que la fièvre liée aux efforts intellectuels pour résoudre une équation politique qui aura caractérisé ce chapitre un temps de suspens, mais aussi : « à force de ne pas décider, on perd d’autorité ». C’est ce qu’on retiendra du gouvernement et du régime Touadéra qui semble faire de faiblesse son sport préféré.

En somme, on a vu une personnalité de JSB diminuée de son aura par manque de courage à prendre le devant pour démissionner de lui – même tant et si bien qu’avec le chapitre de l’occupation du site historique de Bérengo, il était déjà poussé contre le mur mais ni lui ni le gouvernement ne pouvaient faire marche – arrière à un stade où ses collègues lui obstruaient le passage avec des douillettes bénédictions du couple exécutif.

L’homme a manqué de courage, ce même courage par lequel il avait accru de sa personnalité et pris de popularité par une pugnacité  croissante vis- à – vis des errements de la Minusca notamment, s’est évanoui lorsqu’il a senti que le chef du gouvernement et le président de la République ne le soutenaient pas dans sa mission de sécurisation de ses compatriotes.

Mais le régime a vu bien un danger dans cette popularité qui montait, montait et trahissait au grand jour la faiblesse d’un chef d’Etat qui est visiblement aphone face à la souffrance infligée à sa propre poulation essentiellement par des étrangers. C’est avec cette belle image que JSB aurait dû prendre ses distances pour se construire une force électorale dormante et silencieuse, en attendant l’Heure H. Hélas malheur dans ce pays où chacune des personnalités qui prend place autour du soleil ne mesure sa réputation et sa longévité que par le volume de sa panse ! Un ventre resté collé aux appétits insatiables des yeux.

Cependant, JSB a forcé la main d’un pouvoir qui ne voulait plus de lui au point de laisser son sort entre les mains de la Providence. Ce qui n’existe pas en politique, car tout est ici calcul. Et fort de ce calcul qui a failli faire exploser la tête du mathématicien de Boy – Rabé, on est resté longtemps avant de constater un pouvoir sans autorité et un ministre sans courage.

La rédaction

 

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