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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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M. Dondra : Quand le refus de la directrice de la dette d’obtempérer à vos instructions fait tomber dans le coma un fournisseur de l’Etat….


Son nom n’a pas d’importance. Il est tout simplement fournisseur de l’Etat ou plus exactement, selon le jargon des experts budgétaires, administrateur – gérant d’une entreprise, membre du Collectif des Petites et Moyennes Entreprises de Centrafrique en abrégé « CPMEC ». Au titre de l’exercice budgétaire 2013, et au lendemain du tsunami des égorgeurs de la Séléka qui s’est déferlé sur la République, son entreprise a été soumissionnaire, avec deux (2) autres fournisseurs de l’Etat, des marchés des travaux de réhabilitation de certains services sensibles de la présidence de la République et du palais de la Renaissance, sous le règne de la présidente de la transition. Ces travaux ont été réalisés à hauteur de plus de 90%, conformément aux prescriptions techniques et grâce aux appuis matériels et financiers de ses partenaires et de sa banque, et ce, en flagrante violation des dispositions de la loi portant code des marchés publics en République centrafricaine, consacrant le droit de versement de 30% des avances de démarrage des travaux à toute entreprise soumissionnaire et adjudicataire.

 Nanti alors du procès – verbal de réception définitive des travaux, il a demandé et obtenu l’accord de la très haute attention de la présidente de la transition pour le règlement de ses créances jugées nettes et exigibles sur le trésor public. Régulièrement enregistré et annoté par le directeur de cabinet, ce dossier a été transmis de la présidence au ministère des finances et du budget pour paiement. Sans tarder, le ministre y a fait promptement diligence en le transmettant, à son tour, au DGT pour nécessaire à faire. Malheureusement, en dépit de la proposition de la lettre de virement dûment établie et visée par ses proches collaborateurs, aucune disposition ne sera prise à l’arrivée par M. Abdallah Assan Kadre, au moment des faits, ministre des finances et du budget pour sa signature et sa transmission à la Beac. Dans le même temps, les créances de deux (2) autres fournisseurs de l’Etat ayant obtenu et réalisé d’autres lots des marchés  relatifs aux travaux de réhabilitation de la présidence de la République, ont été payées à qui de droit. Une injustice, donc. Une politique de deux poids deux mesures.

Qu’à cela ne tienne, notre entrepreneur ravalera sa colère et reviendra plus tard à la charge, après le retour à l’ordre constitutionnel, en saisissant cette fois – ci non pas le ministre des  finances et du budget, mais son chef hiérarchique le plus immédiat, en la personne de M. Simplice Mathieu Sarandji. Après deux (2) rapports et deux (2) contre expertises de ce dossier, et faisant suite au décès de l’épouse du demandeur, le premier ministre, il y a quelques jours, aurait formellement demandé au ministre des finances et du budget, M. Henri Marie Dondra, d’ordonner le paiement de ces créances. Ce dernier, en sa qualité d’ordonnateur principal des dépenses de l’Etat, aurait transmis le dossier à ses plus proches collaborateurs, à savoir le DGT et la directrice de la dette, suivi de la mention « Me voir ».

franc-cfa

Mais, au lieu d’extraire l’état réel de ces créances  disponibles dans le portefeuille de la dette et de requérir 48 heures au plus tard l’avis technique de son chef hiérarchique qui se trouve être le ministre des finances et du budget pour soulager un tant soit le pauvre de ses malheurs, celle – ci aurait tout simplement fait traîner les pieds. Au motif que lors des dernières opérations de paiement, il y a plus de six (6) mois déjà, l’entrepreneur en question n’aurait pas pensé à elle ou plus exactement ne serait pas revenu vers elle pour lui dire merci. Et celle – ci d’enfouir le dossier dans les tiroirs jusqu’à ce que M. Dondra parte en mission. Et notre entrepreneur qui était déjà malade physiquement, psychologiquement abîmé du fait de la mort de son épouse, et soumis à de très fortes pressions assorties des menaces de poursuites judiciaires et de saisie immobilière de la part de ses créanciers, en aurait pris un coup et serait depuis lors tombé dans le coma. Une administration sans humanité, dirait un certain B. Boganda.

 Voilà une manière de faire qui n’est pas de nature à rassurer le peuple de la volonté  du gouvernement d’aller vers la mise en œuvre de la politique de la rupture tant chantée et tant attendue et celle de l’alternance générationnelle. Des pratiques obsolètes de la corruption active qui ne devraient plus avoir droit de cité, après le retour à l’ordre constitutionnel dans notre pays.

Une manière de faire qui pose dans toute sa nudité le problème d’absence de diligence qui caractérise certains hauts cadres de l’Etat dans l’exercice de leurs fonctions.  Une absence de diligence qui a fini par faire d’eux non pas des fonctionnaires, c’est – à – dire des hommes et des femmes ayant l’obligation de servir leur patrie sans rien en attendre en retour, mais plutôt des mercenaires, c’est – à – dire des hommes et des femmes qui se battent et qui travaillent pour de l’argent. Une absence de diligence qui pose le problème du principe du respect de la hiérarchie et de l’autorité légale et  finira par tuer le devoir de servir la République et liquider l’Etat sur l’autel des  bas intérêts de ce bas monde.

Gaspard Koyatémo

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