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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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M. Jean Serge Bokassa, saviez – vous que les cartes de séjour sont fabriquées au Km 5 pour être ensuite revendues à vos collaborateurs ?


L’affaire avait défrayé les chroniques et était à la une sur les réseaux sociaux. Car l’initiative prise par M. Jean Serge Bokassa, ci – devant ministre de la sécurité publique et de l’administration du territoire, pour centrafricaniser la gestion des documents administratifs, à savoir passeport, carte nationale d’identité, carte de séjour, pour ne citer que ceux – là, avait été considérée comme un acte politique éminemment courageux et louable pour les combattants de la liberté et de la démocratie. Pour la simple raison que cette décision devrait venir mettre un terme à une gestion anarchique, clientéliste et antirépublicaine qui caractérisait leur traitement et leur délivrance.

En effet, il est de notoriété publique que la République centrafricaine qui est un Etat juridiquement indépendant et dont l’un des attributs fondamentaux est la gestion souveraine de ces précieux documents, a décidé sous le règne du général d’opérette, François Bozizé, de se dépouiller de cette responsabilité au profit de ses rejetons de fils et de ses innombrables maîtresses. C’est ainsi qu’il a été attribué à la société Africard Co Rca le juteux marché de production et de distribution du passeport, moyennant seulement un taux de 5% à reverser à l’Etat. Il en a été de même en ce qui concerne la confection de la Cni dont la responsabilité revenait à l’une des maîtresses du roitelet de l’époque. L’arrivée des éléments de la Séléka contribuera à faire empirer la situation et le contrôle de la gestion de ces précieux documents administratifs échappera au circuit normal. Avec leur détention, leur production et leur distribution, à l’ exemple de celles des cartes de séjour par des agents de la police et des éléments de la Séléka.

Dans le cadre de la reprise des activités post-crises, au lendemain de la brillantissime élection du candidat Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême de l’Etat, le ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et de l’Administration du Territoire a procédé à l’état des lieux de l’ensemble des départements sous sa tutelle. Il est ressorti de cet état des lieux les principales problématiques suivantes : Les bases de données d’état-civil ont été en partie détruites ; De faux documents d’état-civil sont en circulation et continuent d’être produits ; Les bases de données de la population centrafricaine et des ressortissants étrangers ont été en partie détruites ; De faux titres d’identité sont en circulation et continuent d’être produits ; Les frontières sont perméables ; Les forces de l’ordre ne disposent pas de tous les moyens nécessaires pour mener les contrôles sur le terrain et aux frontières.

Après examen, il a été déduit que la délivrance de titres d’identité sécurisés est indispensable pour le maintien de la sécurité publique et pour une bonne gestion des recettes qui en découlent. Afin de mener à bien sa mission, le ministère de l’intérieur, de la sécurité publique et de l’administration du territoire a décidé, dans un premier temps, d’acquérir sur les ressources une machine informatique pour la biométrisation de ces documents, et dans un deuxième temps, de faire appel à la société Ivoire Cartes Systèmes (ICS), qui bénéfice notamment d’une grande expérience et de compétences dans les domaines suivants : Les solutions d’identification ; La sécurisation et la traçabilité de documents et de produits ; La géolocalisation et la gestion des flux humains ; Les systèmes de sécurité électronique et télésurveillance ; La production de cartes bancaires. Les objectifs recherchés  se décomposent en objectifs généraux et spécifiques. En ce qui concerne les objectifs généraux, le projet confié à ICS via sa filiale Centrafrique Cartes Systèmes (CCS) vise à : Reconstituer et centraliser les données d’établissement d’actes d’état-civil ; Reconstituer les bases de données de la population Centrafricaine et des ressortissants étrangers ; Sécuriser les documents d’état-civil pour les rendre authentiques et infalsifiables et produire des titres d’identité sécurisés à partir des bases de données reconstituées ; Sécuriser les procédures d’émission ; Sécuriser les visas d’entrée sur le territoire national ainsi que la procédure d’émission ; sécuriser les laissez passer ;     Faciliter les contrôles d’identité.

S’agissant des objectifs spécifiques, ils se définissent comme suit :      Procéder à l’enrôlement biométrique de la population Centrafricaine et des ressortissants étrangers ; Délivrer des Cartes nationales d’Identité biométriques sécurisées ; Délivrer des Passeports biométriques sécurisés ; Délivrer des titres de séjour biométriques sécurisés ; Constituer une base de données biométrique de tous les demandeurs de Visas ; Constituer une base de données des demandeurs de laissez-passer ; Délivrer des visas d’entrée sécurisés ; Délivrer des laissez-passer sécurisés ;Procéder à des contrôles biométriques à partir des titres d’identité biométriques à l’aide de terminaux biométriques de contrôle à l’intérieur et aux frontières.

Indubitablement, les avantages induits par la mise en œuvre des solutions d’ICS devront se traduire par la modernisation de la gestion des actes d’état-civil et de titres d’identité par l’utilisation des TIC (création des bases de données, partage et synchronisation en temps réel, réplication des données sur un site distant, etc.), l’exploitation des bases de données pour des requêtes, statistiques, la maîtrise du nombre d’électeurs, l’endiguement de la fraude, la célérité du traitement des demandes, la fiabilisation des données démographiques.

Mais, alors que selon des informations dignes de foi en notre possession, M. Jean Serge Bokassa devait prendre les mesures pour rendre opérationnelle la machine destinée à la biométrisation, dans un premier temps, et de créer les conditions élémentaires pour le démarrage des activités de la société dénommée « CCS », grande est aujourd’hui la surprise des uns et des autres d’entendre dire que la présence d’un gros caillou dans sa chaussure agripperait dangereusement la mise en œuvre de ces projets. Des puissants lobbies jugés très proches du milieu libanais useraient de leurs sérieuses relations avec le président Touadéra pour torpiller la réalisation effective de cette heureuse et patriotique initiative. C’est ainsi que l’on a appris que dorénavant le directeur général de la police qui ne dispose plus en stock les cartes de séjour, s’en procurerait directement au Km 5 et entre les mains des mercenaires de la Séléka, par l’entremise d’un de ses plantons.

Voilà, une information dont la gravité n’est pas à démontrer et qui, si elle venait à s’avérer exacte, devrait faire réveiller le gouvernement et le ministre de la sécurité publique et de l’administration du territoire de leur longue nuit de sommeil et leur faire honte. Honte d’avoir fait payer une machine sur les ressources de l’Etat pour l’oublier ensuite dans les services de la régie des recettes, au nom de bas intérêts, catégoriels, personnels et égoïstes. Honte de continuer à se servir des pratiques qui ont été la marque de fabrique de certains régimes qui ont assassiné et liquidé la République, en voulant coûte que coûte confier la gestion de ces documents à des étrangers, moyennant de fortes commissions ou actions dans leur société.

Il est vraiment grand temps que ces pratiques rétrogrades et foncièrement obsolètes puissent cesser au nom de la politique de la rupture. A – t – on besoin franchement d’attendre des milliards de la part des donateurs pour remettre de l’ordre dans la gestion anarchique et opaque de ces documents administratifs ? Ne suffit – on pas seulement de prendre une décision ? Pourquoi alors ne veut – on pas la prendre ? De qui a – t – on peur ? Comment peut –on accepter que des cartes de séjour soient fabriquées au Km 5 pour être ensuite revendues à la direction générale de la police ? Où est alors la souveraineté ?

Kassa Mongonda

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