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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Nation : 2016, une année d’épidémies de tragédies et de terribles malheurs qui s’achève et qui se poursuivra en 2017…


Et pourtant, Dieu seul sait combien elle était placée sous les auspices d’une ère nouvelle, pleine d’espoirs.

Une année d’espoirs qui se pointait à l’horizon avec la fin de la transition chancelante de Mme Samba – Panza et le retour à l’ordre constitutionnel, au lendemain de la tenue des élections législatives et présidentielle qui, en dépit des graves dérapages d’organisation dont la responsabilité a incombé à l’ANE et à la cour constitutionnelle de transition, s’étaient soldées par la brillantissime victoire de M. Touadéra. Candidat de la politique de la rupture, du changement, de l’alternance générationnelle, de la sécurisation du pays et de la paix, de la restructuration des Faca et du redéploiement de l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, du retour des milliers de personnes déplacées dans leurs maisons et villages, de la réconciliation nationale et de la renaissance de la République, l’homme a plus que séduit.

Malheureusement, à l’épreuve de la gestion effective du pouvoir, après sa prise de fonction et prestation de serment, le 30 mars 2016, l’homme se révélera tout simplement, plus de 9 mois plus tard, comme l’on ne peut reconnaitre les valeurs intrinsèques d’un maçon, sa petite truelle à la main qu’au pied du mur, incapable de donner forme à toutes ses alléchantes et mielleuses promesses.

Un Gouvernement d’échoués et d’incapables

Alors que tous les combattants de la liberté et de la démocratie qui lui avaient massivement fait confiance, en lui donnant leur voix pour avoir initié et mis en œuvre avec un retentissant succès, en 2008, la politique d’assainissement des finances publiques, quand il assumait les nobles fonctions de premier ministre, s’attendaient tout logiquement que l’homme pût poser des actes forts, en commençant par nettoyer au karcher  la présidence de la République, la primature, et toutes les administrations, de toute la racaille qui s’y trouvait en la faveur de la transition, grande allait être leur surprise. Non seulement, M. Touadéra, président légitime et élu sur la base de la promesse de sa politique du changement et de la rupture, même si d’autres informations de plus en plus persistantes révèlent qu’il serait en réalité imposé par la France, prendra trop du temps à nommer ses plus proches collaborateurs, mais surtout il mettra en place un gouvernement d’échoués et d’incapables, et sur la base des critères de subjectivité et de débauchage de baroudeurs et d’hommes politiques de petit calibre. Une équipe d’hommes et de femmes dont les consciences sont surchargées des malheurs de tout un peuple, dont les mains sont pleines du sang des centrafricains, et dont la raison d’être ne se résume qu’à la recherche effrénée des besoins alimentaires. Des hommes et des femmes dont les candidatures aux derniers scrutins ont été désavouées par la majorité des centrafricains. Du coup, du fait de leur incompétence notoire et avérée, aucune initiative politiquement courageuse et louable ne pouvait être conçue et déroulée afin de rendre visibles et palpables son programme politique et son projet de société. Au premier rang desquels l’insécurité.

      Une insécurité grandissante et généralisée

Gage de paix et autoroute du développement, la sécurité reste et demeure, en tant qu’illustration évidente de l’absence d’une politique de fermeté à l’endroit des seigneurs de guerre et de toutes les bandes armées sans exclusive, et conséquence naturelle de la politique de la main tendue à tous les conquistadores et autres liquidateurs de la République, au nom du rassemblement et de la cohésion sociale, le baromètre visible de l’échec patent ou plus exactement le visage découvert de l’incompétence et de l’incapacité du gouvernement Sarandji. Cette faiblesse, ayant été interprétée comme un signe de couardise, de démission, et de tacite soutien à leur cause, a servi et continue encore aujourd’hui de servir de terreau substantiel au regain des hostilités de la part des égorgeurs de la Séléka. Se croyant en territoire conquis, ceux – ci agissent en véritables conquistadores. De Koui à Kouango, en passant par Bocaranga, Paoua, Ngouandaye, Ndjim, Bozoum, Nanga – Boguila, Kouki, Batangafo, Kabo, Kaga – Bandoro, Ndomété, Grimari, Bambari, Bakala, Ippy et Bria, 12 préfectures sur les 16 qui constituent la Rca sont et demeurent sous leur contrôle. Des zones de non – droit où ils lèvent l’impôt et rackettent de paisibles citoyens, s’ils ne les tuent pas tout simplement, incendient des habitations et greniers, violent des femmes, pillent et détruisent biens publics et privés et contraignent des populations civiles à trouver refuge en brousse pour y vivre comme des animaux. Malgré les cris de détresse de tout un peuple, à l’exemple de l’appel à l’organisation de la ville morte du 24 octobre 2016, au lendemain des douloureux et tragiques évènements survenus à Kaga – Bandoro, aucune mesure vigoureuse n’est prise ni par les autorités légitimes ni par la Minusca en vue d’assurer un tant soit peu la protection des populations civiles, d’imposer la sécurité et la paix et de neutraliser par la force tous les seigneurs de guerre et toutes les bandes armées….Si ce n’était des nouvelles tueries suivies de l’arrestation des deux (2) leaders de la société civile, à savoir M. Lakosso et M. Mokwapi qui n’ont obtenu leur liberté que sous de très fortes pressions et peu avant la tenue de la table ronde de Bruxelles du 17 novembre 2016.

Bruxelles ou une thérapie dont l’effet tarde et tardera à venir

Pour tenter de sortir la République centrafricaine du gouffre et de l’abîme des épidémies de la tragédie dans lesquels elle est plongée depuis plus de trois (3) ans et permettre à la France de François Hollande de tirer son épingle du jeu, la mère – patrie a cru bon convaincre la communauté internationale de l’urgente nécessité  de se retrouver autour d’une table à Bruxelles avec tous les partenaires au développement. Comme il fallait s’y attendre, l’annonce de la tenue de cette importante rencontre servira alors d’une échappatoire au régime en place et au gouvernement de Sarandji, immobile, anesthésié, complètement déconnecté des besoins prioritaires du peuple et totalement aphone à ses cris de détresse, sans imagination et sans initiative, pour se dérober à leurs obligations régaliennes. C’est ainsi que pour combler ou occulter  leurs inaptitudes réelles à trouver hic et nunc des solutions idoines et pérennes aux problèmes des centrafricains et de peur de faire capoter cette fameuse échéance, aucune action même vitale pour la République et le peuple ne devait être posée : ni manger, ni boire, ni se rendre aux toilettes pour se soulager, ni travailler, ni se laver, ni dormir…..jusqu’à ce que cette rencontre se tienne et rende son verdict. Des annonces et des promesses d’appuis financiers au plan de relèvement du pays dont le montant estimé à plus de 2.3 milliards de dollars, ont valu à M. Touadéra un retour triomphal et triomphaliste. Comme si ces annonces étaient des espèces sonnantes et trébuchantes devant résoudre par enchantement toutes les misères de la République et le dédouaner de ses responsabilités : celles d’organiser,  de diriger et de défendre la République.

Plus d’un mois après la tenue de cette fameuse table ronde, ses effets trop attendus tardent et tarderont à se faire sentir dans la vie quotidienne du peuple centrafricain. Aucune de ces folles et trop spectaculaires annonces n’ayant été inscrite dans la loi de finances 2017 et leurs décaissements devant encore attendre trop longtemps, il est temps que le président de la République puisse se réveiller de ses 9 mois de longue nuit de sommeil, se rendre à l’évidence et comprendre enfin que c’est lui le problème et la solution. C’est lui la solution à ces épidémies de tragédies et de terribles malheurs qui ont enlaidi l’âme de la République en 2016 et qui se poursuivront irréversiblement en 2017, s’il ne se résout pas à user de la fermeté à l’endroit de tous les fauteurs de troubles et à assumer ses devoirs constitutionnels.

Car, en sa qualité de président de la République, c’est à lui d’organiser la République, de la diriger et de la défendre, comme une mère couvre son enfant et comme une poule couve ses poussins. C’est à lui de la doter d’institutions fortes, comme l’avait dit  Barack Obama et conformément aux dispositions de la constitution, de la faire gérer par des hommes compétents sans exclusivité d’appartenance politique, ethnique, régionaliste, et religieuse, et de la défendre par des hommes valeureux et courageux. Le peuple centrafricain, pris en otage sur sa propre terre, celle de ses ancêtres et de ses aïeux, est à bout de souffle et n’attend pas mieux de sa part que le respect scrupuleux de ce noble devoir, pour vaquer à ses occupations et caresser le rêve de vivre heureux dans nos villages, communes, sous – préfectures et préfectures, comme tous les autres peuples du monde.

Jean – Paul Naïba

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