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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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Nation : Touadéra désavoue l’ONU et se fait hara – kiri politiquement


En  déclarant lors de sa dernière mission  – éclair à Ndjamena que le rapport de l’Onu n’engage que leurs auteurs, le président Touadéra, démocratiquement et massivement élu,  a commis une bourde politique difficilement pardonnable. Une déclaration qui a créé de l’émoi tant dans son propre gouvernement, les partis politiques et la société civile qu’au sein de  la communauté internationale, les organisations internationales et les représentations diplomatiques et consulaires.

Une déclaration qui, pour les forces vives de la nation, ne serait qu’un acte d’insulte à l’endroit de toutes les victimes des forces tchadiennes déployées dans le cadre de la Misca, et un acte de haute trahison pour le peuple centrafricain, d’une part, et pour la communauté internationale, l’expression concrète, visible et lisible d’un total désaveu, d’autre part. Un acte d’ingratitude à l’égard de cette communauté internationale qui avait demandé et obtenu le départ de ces mêmes forces tchadiennes en 2014, qui a consenti d’énormes sacrifices pour que le Rapport Mapping dans lequel Déby et son armée sont accusés une nouvelle fois d’avoir commis de graves crimes en Centrafrique, soit produit et publié et qui continue à travers de multiples et multiformes aides de porter la République centrafricaine, à bout des bras.

Fort de ce qui précède, plusieurs questions méritent aujourd’hui d’être posées : Dans quels intérêts et pour quels intérêts Touadéra a – t – il fait cette déclaration ? Qui veut – il protéger en reniant le rapport Mapping ? A – t – il fait cette déclaration, sur injonctions du président Tchadien et en contrepartie de quels intérêts ? A – t – il donné son accord pour le retour des forces armées tchadiennes en Centrafrique ? Est – ce pour contrecarrer cette proposition que le président Macron a ordonné l’envoi en Centrafrique des Marsouins dotés du pouvoir de neutraliser toutes les forces négatives qui ont pris en otage tout un peuple ? Et quid de la réaction de l’ambassadeur français, Christian Bader, lors de la cérémonie de clôture de la formation des journalistes relative à la maîtrise des procédures judiciaires de saisine  de la CPS ? Quel argumentaire dispose – t – il aujourd’hui pour répondre à cet ambassadeur ?

 Afin que nul n’ignore et que l’opinion nationale et internationale soit amplement avisée sur la gravité de l’acte posé par le mathématicien de Boy – Rabé, le journal « Le Démocrate » vous fait revivre l’accusation formulée par l’ONU contre les soldats tchadiens en avril 2014, et publiée par AFP :

« Centrafrique : l’ONU accuse les soldats Tchadiens d’avoir tiré de façon «illégitime». Les Nations unies ont présenté les résultats de leur enquête sur la fusillade de Bangui qui a fait trente morts le week-end dernier. Le Tchad a annoncé le retrait de ses soldats de la force africaine. Alors que le Tchad a annoncé jeudi qu’il se retirait du contingent de la force de l’Union africaine en Centrafrique (Misca), l’Onu a indiqué vendredi que des soldats de l’armée tchadienne ont tiré sans avoir été provoqués sur la foule lors de l’incident à Bangui le week-end dernier. Au total, trente personnes ont péri lors de ces tirs, trois cents autres ont été blessées. Les soldats tchadiens devaient tous avoir quitté Bangui vendredi soir.

«Ils ont illégitimement ouvert le feu sur la population. Les soldats ont tiré de façon indiscriminée», a déclaré à Genève un porte-parole du Haut commissariat de l’Onu aux droits de l’homme, Rupert Colville, où il a présenté les premiers résultats des enquêteurs des Nations unies sur l’incident. «Dès que le convoi de l’armée nationale tchadienne a atteint la zone de marché du (quartier) PK12, ils auraient ouvert le feu sur la population sans qu’il y ait eu de provocation, a-t-il ajouté. Alors que les gens fuyaient dans la panique dans toutes les directions, les soldats ont continué à tirer de façon indiscriminée.»

Les soldats tchadiens impliqués seraient des membres de «l’armée tchadienne», et non pas de la force africaine en Centrafrique (Misca). Ils seraient venus du Tchad pour évacuer des Tchadiens et des habitants centrafricains musulmans, qui sont menacés par des milices locales.

Selon les informations recueillies par les enquêteurs de l’Onu sur les lieux des faits, «il semble que l’action des forces tchadiennes a été totalement disproportionnée, puisqu’ils ont tiré sur un marché bondé de civils non armés». Le porte-parole a également estimé que le nombre de soldats tchadiens impliqués ne devait pas être très élevé et que ces individus «avaient dû repartir directement» dans leur pays.

La Centrafrique «regrette» le retrait des soldats tchadiens

Les autorités centrafricaines ont fait part vendredi de leur «regret» concernant le départ des soldats tchadiens de la Misca. Le ministre centrafricain des Affaires étrangères, Toussain Kongo-Doudou, en escale à Paris après le sommet UE-Afrique qui se tenait mercredi et jeudi à Bruxelles, souligne que cette décision, qui survient après la mise en cause de soldats tchadiens dans la mort de civils à Bangui, «a été prise en toute souveraineté par le gouvernement tchadien».

Acteur clé de la crise centrafricaine et incontournable puissance régionale, le Tchad, l’un des principaux fournisseurs de la Misca, a décidé jeudi du retrait de ses 850 soldats de Centrafrique, dénonçant une «campagne malveillante» à leur encontre après la fusillade de Bangui. Il s’agit de l’incident le plus grave impliquant des troupes étrangères en Centrafrique depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé par la Séléka, une coalition à dominante musulmane appuyée par le Tchad.

Les populations soulagées

Dans la population et la presse de Bangui la tonalité était tout autre et la satisfaction dominait, illustrant la défiance envers les voisins du nord. «Adieu les oppresseurs et les envahisseurs de la RCA à la solde d’Idriss Déby Itno» (le président tchadien), titrait ainsi le quotidien Centrafric matin. «C’est un grand ouf de soulagement (…) C’est le début de solution à la résolution de la crise centrafricaine», affirme de son côté un étudiant, Richard Balawa.

«Le sang des Centrafricains a trop coulé du fait de la barbarie des soldats tchadiens. Ils sont d’une cruauté bestiale, et tuer pour eux est le seul mot qui justifie leur présence en Centrafrique (…) Nous ne voulons plus d’eux sur cette terre», renchérit Blaise-Innocent Tsiahama, enseignant. Agathe Mandéno, cadre de la Santé, estime que le Tchad a joué un grand rôle dans la descente aux enfers de la Centrafrique: «notre pays est aujourd’hui dans cette situation à cause des Tchadiens. Ils font la pluie et le beau temps en Centrafrique».

Les soldats tchadiens ont été accusés à plusieurs reprises depuis l’arrivée au pouvoir de la Séléka de passivité face à leurs exactions, voire de connivence – certains étaient Tchadiens. N’Djamena a toujours démenti avec force et reçu le soutien appuyé de l’UA et de la France pour son engagement en Centrafrique.

Le Tchad est «un pays frère qui a entretenu et continue d’entretenir des liens d’amitié et de fraternité avec la République centrafricaine et qui nous a fortement accompagnés et a payé un lourd tribut dans ce processus», a souligné vendredi le ministre des Affaires étrangères de Centrafrique. «Nous sommes rassurés que le Tchad continuera à accompagner (la Centrafrique) en tant que partenaire dans le processus de la promotion de la paix et de la stabilité.»

Les soldats tchadiens de la force africaine en Centrafrique (Misca) basés à Bangui devaient quitter la capitale vendredi pour rejoindre de nouvelles positions en province, après la décision du Tchad de se retirer de la Misca, a indiqué cette dernière.

Un convoi d’une trentaine de véhicules avec à leur bord 200 soldats tchadiens devaient gagner par la route la ville de Kaga Bandoro (250 km au nord dee Bangui), où sont stationnées des tropupes tchadiennes de la Misca, a déclaré à l’AFP le commandant de la Misca, le général camerounais Martin Tumenta Chomu, soulignant qu’ils ne quittaient pas dans l’immédiat la Centrafrique. Des officiers d’état-major tchadiens devaient quitter Bangui par avion. «Il ne restera pas un seul élément tchadien, militaire ou policier, dans Bangui» vendredi soir, a ajouté le commandant de la Misca. »

Jean – Paul Naïba

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