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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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« Pour la République centrafricaine toujours » : mais de qui se moque – t – on ?


Quand les phrases sont cohérentes et que les mots qui les composent proviennent de la liste des raretés d’un dictionnaire de la langue française, alors le message ainsi véhiculé doit être forcément juste. Pour le Centrafricain, être intelligent c’est simplement cela : Avoir une bonne maîtrise du français parler et écrit et le reste n’a aucune importance.
Sur ce sujet, Carole de Féral a éloquemment souligné qu’en Afrique francophone notamment en Centrafrique, « Celui qui ne parle pas français est en effet contraint – du moins en contexte urbain – d’en être un auditeur passif, d’en subir le bruit (informations à la radio ; conversations entre amis ; communication dans les lieux publics…) tout en se voyant refuser l’accès aux fonctions de pouvoir et de responsabilités offertes (Langue Française, No. 104, décembre 1994, pp. 3-5).
Malheureusement, cette situation qui est parfaitement assumée par tout le monde ne favorise pas l’innovation. En effet, dans un tel environnement, tout progrès devient illusoire. On tourne en rond parce qu’on n’a jamais su comment dépasser dans la critique, la réflexion et l’action, cette limite de la prétendue intelligence supérieure qui est déterminée par la parfaite maitrise du français écrit et parlé.
De plus, le fait d’accorder une grande importance aux apparences des idées revient à favoriser des abus comme le cas de ceux qui s’adonnent à reprendre intégralement ou à reformuler des idées et réflexions qui ne sont les leurs, sans mentionner ceux qui en ont la paternité. Dans ce registre, il y’a l’exemple mémorable de cet ancien Ministre de la communication de la République centrafricaine (RCA), Adrien POUSSOU, que Danielle DROILLARD (Danielle Droillard) avait pris en flagrant délit de plagiat mais qui, à ma connaissance, ne s’en est jamais excusé et n’a guère subi les conséquences de cette imposture. Aujourd’hui, nous ne savons pas combien d’Adrien POUSSOU écument encore les milieux centrafricains mais leur effectif ne doit pas être négligeable.
L’autre type d’abus qu’entretient cette supposée intelligence supérieure qu’attesterait la parfaite maitrise du français écrit et parlé est cette propension à vouloir réinventer la roue : C’est ici que l’article de Mr l’Ambassadeur Michel GBEZERA BRIA intitulé “POUR LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE TOUJOURS” paru sur “dandaranews”, va nous servir de fil conducteur :
En effet, Mr GBEZERA BRIA illusionne lorsqu’il affirme « souhaiter pour la RCA un Etat incolore, inodore fort et rassembleur qui ne distingue pas ses enfants » et que mu par « l’intérêt général cet Etat s’imposerait avec grande fermeté, grâce à ses agents de haute qualité et dévoués, à ces intérêts catégoriels, armés ou pas, qui sont un péril pour notre pays ». Car, les causes de l’échec de l’Etat centrafricain sont ceux qui comme Michel GBEZERA BRIA prétendent le servir alors qu’en réalité ils n’œuvrent que pour le compte des régimes en place. Tout ceci est connu au moins depuis 1966.
Je suppose qu’ayant servi ce pseudo Etat centrafricain durant des décennies, Mr GBEZERA BRIA doit être au courant de ce rapport établi en 1966 par le professeur DUMONT, rapport dans lequel étaient consignés les abus attribués déjà à cette époque-là aux serviteurs de l’Etat centrafricain comme lui. L’article dans lequel l’existence de rapport a été révélé paru dans le quotidien Le MONDE daté du 1er Avril 1966. Et, Michel LEGRIS qui en est l’auteur souligna que le rapport « déplut et ne fut pas diffusé par ordre de David Dacko ».
Ce choix malencontreux de David Dacko avait a été émis dans un environnement où, « Il avait fallu, « depuis 1963, emprisonner une bonne vingtaine de sous-préfets ou de préfets pour détournements de fonds. Il fallait aussi en relâcher quelques-uns …. La corruption était telle que les inspecteurs des affaires administratives avaient établi une règle (non écrite) en vertu de laquelle on n’engage pas de poursuites lorsque le  » trou  » est inférieur à 250 000 francs C.F.A. »
Au moins à l’époque, les serviteurs de l’Etat condamnés pour des détournements de fonds étaient emprisonnés alors qu’aujourd’hui même des repris de justice occupent de hautes responsabilités au sein de l’appareil de l’Etat.
Au lieu de faire preuve de courage en s’attaquant à ce fléau, Michel GBEZERA BRIA a préféré disserter sur les excès et insuffisances des fonctionnaires internationaux en mission en Centrafrique. Une telle lâcheté politique n’est heureusement pas la norme en RCA. En effet, d’autres Centrafricains ayant occupés de hautes fonctions étatiques avaient réellement tenté de redresser la situation à des moments propices à de réels changements dans le pays mais ceux-ci se sont vu éjecté du système. C’est le cas de François GUERET qui avait eu le courage d’établir un rapport attestant du rôle de certaines personnalités centrafricaines dans les évènements de 1979 : Le rapport GUERET avait conclu que “ …des soldats qui étaient sous le commandement du Général François Bozizé, alors Ministre de la Défense, étaient responsables de certains des massacres des élevés et étudiants lors des évènements de 1979. Le rapport indiquait également que le vice-président, Henri MAIDOU, avait ordonné l’arrestation de certains enfants en avril 1979. » (Thomas O’Toole, Proceedings of the Meeting of the French Colonial Historical Society, Vol. 6/7 (1982), 136-146). Mais, le Président Dacko n’avait pas trouvé mieux à faire que de désavouer son Ministre de la Justice, François GUERET pour avoir présenté un tel rapport.
Au regard de tout ce qui précède Michel GBEZERA BRIA n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit et surtout pas aux fonctionnaires internationaux qui interviennent en Centrafrique. Ce respect qu’il souhaite tant pour les serviteurs de l’Etat centrafricain se mérite et il est proportionnel à la capacité des fonctionnaires centrafricains à se prendre en charge. Surtout, le fait qu’entre le rapport DUMONT de 1966 et son article d’aujourd’hui, la situation s’est fortement détériorée suffit à comprendre le manque de considération que ces fonctionnaires internationaux manifestent à leur égard.
Avant de donner des leçons de bonne manière à ceux dont les pays se portent mieux que la RCA, il aurait fallu s’atteler à rendre la RCA plus respectable. Si Michel GBEZERA BRIA n’a pas le courage d’argumenter contre la présence des personnages sulfureux dans les hautes sphères du pouvoir dans son pays, l’idéal serait qu’il s’abstienne de tout commentaire sur les fonctionnaires internationaux.
NON MAIS DE QUI SE MOQUE-T-ON ?
OUBANGUIENNEMENT,
Jean Kalimsi

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