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La voix des sans voix en République Centrafricaine

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RDC : Accord Politique : Que valent les engagements d’un satrape ?


Enfin, les acteurs politiques congolais sont parvenus à un accord qui, en principe, est censé mettre fin à la crise politique qui secoue le pays. Cet accord prévoie l’organisation de la présidentielle en décembre 2017 sans le président sortant Joseph Kabila. Et ce n’est pas tout.

Car, dans les tout prochains jours, devrait  intervenir la nomination d’un nouveau Premier ministre issu des rangs de l’opposition en remplacement de Samy Badibanga très contesté. Ainsi donc, le rendez-vous de la Saint Sylvestre a été tenu. Le chaos a été évité. L’honneur revient à l’épiscopat congolais, en dépit des positions trachées des uns et des autres, a réussi la prouesse de réunir autour d’une même table de négociations tous les protagonistes au moment ou bien des observateurs avaient déjà perdu espoir. Gacé à l’opération du Saint Esprit, les Hommes d’église ont réalisé un miracle en RDC.

Toutefois, il faudra, pour l’instant, se garder de tout angélisme. Car, une chose est de signer un accord, un autre est de le faire respecté surtout quand on sait que les dictateurs sont ainsi faits qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac. En un an de Transition, tout est possible. Dès que l’étau se desserra autour de lui, Kabila pourrait concocter un autre plan de confiscation du pouvoir auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux. Ce que les Congolais considèrent aujourd’hui comme un accord politique peut se révéler comme une entourloupe si l’Eglise catholique et la communauté internationale ne marquent pas Kabila à la culotte. Car que valent les engagements d’un dictateur qui, le matin, peut signer un accord, et le récuser, le soir venu, à l’indignation générale. N’était-ce pas déjà assez que d’avoir accordé gratuitement un mandat d’un an supplémentaire au président Kabila qui, depuis le 19 décembre dernier, devrait faire valoir ses droits à la retraite? Ce scénario rappelle l’anecdote de ce maraudeur  qui, prit en flagrant délit, demande au propriétaire du jardin de lui accorder suffisamment de temps pour se retirer avec son butin.

On ne peut donc pas passer continuellement le temps à ménager les susceptibilités d’un dictateur au risque d’en faire des émules. D’ores et déjà, il faut craindre que le cas Kabila ne fasse école sur un continent ou les longs règnes sont en passe de devenir la norme. Si fait que les démocrates, quand ils ne sont pas jetés en prison, sont tout simplement ridiculisés à longueur de journée et de nuit. En témoigne la répression barbare et indigne d’une époque civilisée qui s’est abattue sur les mouvements citoyens en RDC dont le seul péché a été d’avoir dit non à Kabila dont le bail présidentiel est, pourtant, arrivé à échéance. Pouvait-il en être autrement quand on sait que la région des Grands Lacs est réputée pour être une zone de dictature ? Tous, autant qu’ils sont, sont des contre-exemples en matière de démocratie. Les faits parlent d’eux-mêmes.

En effet, envers et contre tous, les présidents Sassou Nguesso du Congo et Pierre Nkurunziza du Burundi se sont fait réélire, plongeant leurs pays respectifs dans de graves crises sociopolitiques. Et ce n’est pas tout. On se souvient encore dans quelles conditions chaotiques s’est déroulée la dernière présidentielle au Gabon ou l’arbitraire avait pris le dessus sur l’objectivité.

B .O

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