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Touadéra et Onanga : Terrible martyre de la population de Kabo face aux exactions des peulhs Mbarara et des éléments de la Séléka


Située dans l’Ouham, l’une des préfectures les plus denses et les plus peuplées de la République centrafricaine, la ville de Kabo se trouve à 58 km de la ville de Batangafo, vers le nord-est et en allant vers la frontière avec le Tchad. Elle est peuplée par des Sara, Dagba, Kaba, Souma, Gbaya, Mandjia, Banda, Lithos, etc…Foncièrement agricole, puisque le sol est très fertile, on y pratique les cultures de maïs, mil, sorgho, gombo, haricot et d’arachide. Au moyen de la culture attelée, c’est – à – dire avec des herses tractées par des bœufs – ce qui est une nette amélioration des techniques, moyens et modes de cultures par rapport aux instruments aratoires rudimentaires en usage dans certaines préfectures -, et travaillant en coopératives, cette population constitue l’une des plus travailleuses et laborieuses de la République.

Chaque année, pour ceux qui ont eu l’opportunité d’arriver à Kabo, l’on peut admirer derrière les villages, situés le long des routes latéritiques et difficiles d’accès, d’immenses champs de ces cultures vivrières, s’étendant à perte de vue et sur des hectares, évidemment avec une production en quantité quasi – industrielle, à l’arrivée et au moment de la récolte. A telle enseigne que l’on se croirait dans les fermes amérindiennes ou américaines qui ont fait précipiter les Etats – Unis et le Canada dans la caravane humaine du progrès ; ce qui a fait de cette belle ville l’un des greniers de la Rca. Ce sont ces tonnes de sacs d’arachides, de haricots, de mil, de gombo, de sorgho et de maïs qui sont convoyés dans des CBH à destination de Bangui et dont on dit faussement qu’elles proviennent du Tchad. Ce sont en réalité le fruit du dur labeur des laborieuses populations de Kabo, de leurs sueurs, de leurs souffrances, de leurs plaies et de leurs pleurs. Afin de combattre avec la force de la main, comme les Norvégiens avaient fait au 18ème siècle en ouvrant à la main et avec des pics des blocs de glaces pour ouvrir des routes, la misère, de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs progénitures, et de contribuer ainsi un tant soit à l’exportation, source de ressources pour l’Etat. C’est en réalité, l’expression palpable de leurs espoirs et du devenir de leurs enfants et petits – fils. Toute leur raison d’être sur cette terre des hommes.

Malheureusement, depuis le coup d’état d’un certain Djotodjia, l’enfant du malheur et de ses acolytes, les mercenaires tchadiens et soudanais, une tempête de malheurs s’est abattue, au même titre que sur les autres sous – préfectures les plus travailleuses, sur la paisible ville de Kabo. Du coup, c’est – à – dire du jour au lendemain et ce, sans raison aucune, des hommes et des femmes venant d’ailleurs, et ne sachant parler ni sango ni français, se sont emparés de leurs villages pour en devenir les maîtres incontestés et incontestables. Comme toutes les autres villes, depuis lors elle est devenue une ville martyre. Et seul Dieu sait le nombre de ses fils tués, de ses épouses violées et violentées, de ses enfants enrôlés de force, de ses écoles et de ses centres de santé pillés et détruits, de ses habitations et de ses greniers incendiés….

Une litanie de malheurs jusqu’à ce que M. Touadéra soit élu président de la République, sur la base de ses promesses de la politique de la rupture, de la fin de l’impunité, de la sécurisation, du déploiement de l’administration civile et militaire sur toute l’étendue du territoire national, du retour des milliers de personnes déplacées dans leurs maisons et villages, de la réconciliation nationale, de la cohésion sociale et de la renaissance.

Mais, plus de 8 mois plus tard, les malheurs de la population de Kabo se poursuivent et de fort belle manière. Cette fois – ci, ils proviennent des peuhls Mbarara et des éléments de la Séléka, sous le haut commandement d’un certain Al – Katim. Les peuhls Mbarara s’en prennent à leurs immenses champs et les mettent à la disposition de leurs généraux et de leurs colonels qui sont en réalité leurs troupeaux de bœufs. Des animaux dévastateurs qui, tels des essaims de criquets sur un champ de mil, les dépouillent en un temps record du fruit de leur dur labeur. Et s’ils veulent s’en plaindre, ils sont sommés par les éléments de la Séléka de leur verser la coquette somme de 100.000 Francs CFA. Au vu et au su des éléments de la Minusca qui ne disposent que d’un véhicule et dont les soucis sont ailleurs : exporter de la boisson étrangère et gérer leurs affaires. Au su de Martin Ziguélé, président du MLPC et député de la nation qui était dans la ville pour la fête du 1er décembre 2016. M. Touadéra et M. Sarandji sont – ils au courant de toutes ces exactions qui empêchent toute une population de vivre heureuse sur la terre de ses ancêtres ? Et même s’ils devaient en être informés, que pourraient – ils faire ? Puisqu’ils refusent d’user de la force, au nom du rassemblement et de la cohésion sociale, pour imposer la paix…..En attendant les malheurs de la population de Kabo se poursuivent….Jusques à quand ?

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